Histoire des Dessous


De la sous-tenue à la lingerie d'aujourd'hui

L’histoire de la lingerie c’est l’histoire de la femme à travers les siècles, sa considération, sa reconnaissance, son influence sur les hommes et la société, sa position et son indépendance.
Intimement lié à la féminité et aux secrets charnels, les dessous vont évolués avec les mœurs et se confondre avec les événements de notre histoire. L’histoire de la lingerie c’est l’histoire de la libération de la femme, de son intimité personnelle et de rituels d’artifices pour séduire l’autre.


A l'origine...

L'Antiquité gréco-romaine magnifiait le corps masculin et ignorait les attraits féminins, aujourd'hui la tendance s'est quasiment inversée. Le corps féminin est partout, exposé à tous les regards, servant d'appât à tous les discours publicitaires, éveillant les désirs inlassables de millions d'individus, tout sexe confondu. Si certains pensent que le corps féminin est érotisé à outrance et surexploité, d'autres, au contraire, pensent qu'il s'est enfin libéré du joug patriarcal et qu'il exprime librement un désir de plaire.
La relation de la femme à la lingerie est un grand débat sur l’identité féminine et l’ascendance masculine, pour mieux comprendre, nous pouvons tenter de trouver une explication à travers l'évolution des dessous au cours de l'Histoire.
Au fil des années, au gré des mentalités et des mœurs, la lingerie émerge, se transforme, évolue…
D'abord utilitaire, elle apparaît très sommaire durant la Grèce et la Rome antique sous la forme d'un apodesme, un bandeau de tissu placé sous la poitrine afin de la maintenir lors des mouvements et de la soustraire aux yeux des hommes. Puis placé de la partie supérieure du cou jusque sur le haut de la poitrine, il devient gorgerette au Moyen Âge et se porte en complément d'une grossière tunique en coton ou en lin qui fait guise de sous-vêtement.


Jusqu’au XIIe siècle, les usages vestimentaires se taillent près du corps, et le corsage épouse la gorge que le puritanisme moyenâgeux voit d’un mauvais œil. L’utilisation à contre-emploi des basquines (ancêtre du corset) par certaines femmes, qui le remontent à l’aide d’une ceinture sous la poitrine dans l’intention de révéler la naissance des seins aux yeux des courtisans, son utilisation de plus en plus étroite et toujours plus près du corps, commence à agacer le clergé. Mais Charles Quint dans un premier temps, puis Henri II, arrêtent de nouveau leurs regards et leurs pensées sur la vertu. Captives de robes sombres fermées jusque sous le menton, les dames se voient contraintes de se rhabiller d’un corset. Un siècle plus tard, rien n’a changé : les ecclésiastiques (dont le cardinal Mazarin) publient des édits hostiles aux décolletés.

Il faut attendre la régence pour voir disparaître les polémiques soutenues par des discours et des attitudes libertines. Après ce 16e siècle, la mode varia au gré des règnes. On passa de la robe corset au corset proprement dit qui faisait saillir la poitrine des femmes tout en leur comprimant la taille. On ajouta plus tard au corset, le vertugadin, sorte de panier à fixer sous la robe, qui donnait aux hanches une ampleur démesurée. Le corps de la femme, ainsi sculpté, offrait une impression de fragilité (entravant lourdement ses possibilités motrices) et révélait les promesses d'une volupté aussi généreuse que sa gorge offerte. Toutefois, pour en finir avec cette abondance de chair exhibée, la pruderie de Marie de Médicis (1575-1642) remit les seins à leur place, dès le 17e siècle, et les corsages se firent de nouveaux plats et discrets. Le retour du corset, qui versait généreusement aux regards la poitrine féminine, se produisit au 18e siècle. Puis on abandonna un temps le port du vertugadin pour le remplacer par trois jupons : le modeste, le fripon et le secret. Un peu plus tard, on réintégra la crinoline sous Louis XVIII (1755-1824) ce qui conduisit les femmes à vivre prisonnières de sous-vêtements qui tenaient davantage du supplice que de l'affriolante lingerie. On imposa aussi aux petites filles le port de culottes froufroutantes sous leur jupe. Plus tard, ce sont les artistes de spectacles osés qui les portèrent avant qu'elles ne soient raccourcies et autorisées aux femmes honnêtes vers la fin du 19e siècle. C'est à cette époque qu'apparaît le mot dessous, le terme se substitue à celui, bien moins romantique, de linge de corps.

 


La lingerie moderne

À la même époque, Hermine Cadolle inventa l'extraordinaire concept du soutien-gorge, qui allait plus tard révolutionner l'univers du dessous féminin. Elle en présenta un prototype à l'Exposition universelle de 1889, puis disparaît jusqu’à la fin du siècle.
C'est une jeune Américaine, Mary Phelps Jacob, dite Caresse Crosby, qui «reprit l’idée», en 1913, en fabriquant un soutien-gorge à l'aide de mouchoirs et d'épingles de sûreté. Déposant un brevet l'année suivante, elle tente de le commercialiser, en vain. Elle décide de céder le brevet à l'entreprise Warner's qui met au point, en 1931, un tissu chaîne et trame avec élastiques dans les deux sens, qui servira à la confection des premiers modèles.
C'est Warner's encore qui crée les bonnets à profondeur variable, de A à E, les bretelles élastiques et même le bonnet moulé sans couture des années 70.
Les frères Warner encore et la même année, émancipèrent définitivement les femmes des corsets en inventant une gaine amincissante dont le tissu élastique épousait la forme du corps sans le contraindre. Par ailleurs, le jupon devint un élément essentiel porté sous la tenue vestimentaire féminine. La Première Guerre mondiale va participer à l’émancipation des dessous féminins, les hommes au front, les femmes se mettent au travail pour assurer la survie de la nation. Il faut alors adapter les vêtements aux nouvelles conditions de vie des femmes. Le règne des dessous peut enfin commencer. De plus, les tissus fins étant désormais moins coûteux, la soie, le satin, la dentelle, etc., se rendirent plus accessibles et facilitèrent la réalisation d'une nouvelle gamme de dessous féminins, à laquelle ne seront pas étrangers les grands créateurs de mode de l'époque : Christian Dior (1905-1957) qui réintégra les guêpières et Coco Chanel (1883-1971) qui avait tout fait pour libérer le corps féminin de ces harnais atroces.
Entre les années 1945 et la fin des années 1960, on rivalisa d'imagination pour introduire de nouveaux éléments servant de sous-vêtements à l'élégance féminine : nuisettes, guêpières, soutien-gorge, combinaisons moulantes, jarretières, porte-jarretelles, gaines, ... Fruit de recherches qui auront duré près de dix ans, le nylon cher à Du Pont de Nemours va, lui aussi, bouleverser le monde de la lingerie grâce à des atouts uniques: brillant, solide, séchant vite et ne se repassant pas, il ne sera détrôné par aucun autre textile.


La révolution des comportements que connut les années 1970 apporte un bouleversement des mœurs changeant radicalement les habitudes et les attitudes féminines. Les femmes se réapproprient définitivement leur corps et décident d'en finir avec les dessous imposés selon les critères d'une mode astreignante. Les dessous ne sont plus obligatoires, se contentant d'un jean ou d’une jupe et d'une chemise ou pull sans soutien-gorge. Le corps féminin s'affranchit alors du regard masculin et le collant devient incontournable par sa facilité d’utilisation, sa déclinaison de couleurs, son image libérée et sa discrétion esthétique.
Il faut attendre les années 1980, pour que la femme désormais affirmée, affiche son goût pour la lingerie fine, pour les dessous raffinés. Résolument active, fière d'être femme et moins complexée que jamais, la femme du 21e siècle se trouve et s'identifie dans le port d'une lingerie qui met en valeur ses formes et sa féminité.
Avec la lingerie actuelle, les femmes ont tendance à se partager entre sobriété et confort ou dentelles et frivolités. Toutes partagent cependant une priorité depuis la fin des années 90 : la discrétion. Plus question de repérer, sous la jupe ou le pantalon, la trace d'un slip ou de deviner, sous un pull, le relief d'un soutien-gorge. Le chercheurs vont donc travailler la matière et les stylistes vont adapter les modèles. Le lycra, polyamide, l’acrylique ou l'élasthanne apportent élasticité, solidité et montage des coutures discret et ultraplat. Le string se popularise par sa forme minimaliste et très discrète.
C'est dans cette logique que le sans couture apparaît et illustre une nouvelle génération qualifiée de technologique tant ses exigences sont élevées sur le plan technique. A partir de cette révolution technologique, les créateurs vont développés une lingerie moderne, pouvant répondre indifféremment à l'éventail des demandes d'un marché en pleine expansion. Les créations sont sans limite et la lingerie devient un atout de séduction laissant le choix du conformisme ou de la modernité outrancière. Les dessous sans tabou autrefois réservés à des mœurs polissons ou des phantasmes parallèles côtoient les modèles traditionnels pour le plus grand plaisir des consommateurs de plus en plus nombreux.


A chacun ses dessous...
Les dessous restent une question de libre choix et ne doivent pas être imposés par des exigences extérieures. Ils doivent apporter une satisfaction personnelle et un désir intime propre que l'on souhaite ou pas partager avec d'autres. La lingerie est pluraliste et permet à tous et à toutes de d'épanouir selon sa personnalité et son estime de soi, en guêpière vinyle ou en culotte gainante, le dessous reste un artifice vestimentaire, un éventuel élément du jeu de la séduction.

A chacune son style... Il existe tant de marques et tant de style, que les femmes peuvent choisir leur lingerie. Il y a quelques années à peine, la haute lingerie était encore très onéreuse, la démocratisation du Net a largement bouleversée un marché longtemps statique et de nombreuses nouvelles marques s'imposent avec succès, obligeant les marques historiques à revoir leur politique commerciale. En consultant ce site, vous pouvez découvrir l'incroyable diversité proposée par les créateurs. Un style pour chaque occasion, un modèle pour chaque style...